Mercredi 5 décembre 2007
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Voici une interview de la fondatrice du salon Ethical Fashion Show, Isabelle Quéhé, réalisée par Néosapiens, magazine écolo, lors de cet évènement en octobre 2007.
Néosapiens : Comment tout a-t-il
commencé ?
Isabelle Quéhé : C'était en 2004,
et à cette époque pas très lointaine, personne ne parlait de mode solidaire… Je
voulais présenter des créateurs qui mettent en valeur des savoir-faire
ancestraux, minimisent l'impact sur l'environnement et respectent les droits sociaux
des travailleurs. C'est une mode qui s'engage et rémunère les producteurs à un
juste prix.
Néosapiens : Où trouvez-vous
toutes ces marques ?
I. Quéhé : Au début, je regardais
beaucoup vers l'Afrique et la Grande-Bretagne. Les exposants français étaient
rares. Ce n'est plus le cas. Cette année, les Français seront 25, les plus
grosses marques étant Veja, Ideo et Ethos.
Néosapiens : Grossir n'est-il pas
un risque pour l'éthique ?
I. Quéhé : Au départ, il
s'agissait de créateurs qui galéraient. Petit à petit, les quantités augmentent
et les marques deviennent plus connues. Alors c'est vrai qu'il faut être
vigilant, mais qui ne voudrait pas grossir ? Et enfin gagner sa vie ?
Néosapiens: Ne faut-il pas
craindre aussi que les grandes marques récupèrent le mouvement ?
I. Quéhé : Tant mieux si elles y
viennent… mais proposer du coton bio n'est pas tout. Dans quelles conditions
produisent-elles leurs vêtements ? Je crois qu'il faudrait aujourd'hui allonger
les étiquettes pour mieux indiquer les provenances, les conditions de
fabrication…
Néosapiens : Les associations
dénoncent certaines pratiques depuis des années, mais l'industrie n'est jamais
arrivée à créer, par exemple, un label "sans travail des enfants"…
I. Quéhé : C'est très compliqué.
Dans le textile, la chaîne de fabrication est longue. Et puis, parfois, le
travail des enfants est indispensable à la survie économique des familles.
L'important, c'est qu'ils puissent tout de même aller à l'école.
Néosapiens : N'y a-t-il pas
contradiction entre la mode, par essence éphémère, et l'éthique qui promeut le
développement durable ?
I. Quéhé : On ne peut quand même pas vivre nu… ni changer la mode d'un seul coup. Mais c'est vrai que les
produits sont ici plus durables, plus écologiques. Les collections sont moins
marquées en fonction des saisons. Les créateurs africains eux par exemple n'en
ont qu'une !
Source:
http://www.neosapiens.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=164&Itemid=36
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