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PARIS, 13 fév 2009 (AFP) - Grands pays producteurs et exportateurs de
textile, la Chine, le Bangladesh, l'Inde mais aussi le Pakistan et la
Corée du Sud se lancent dans le bio, moins pour sauver la planète que
pour profiter d'un marché jugé porteur, selon des professionnels
interrogés par l'AFP.
Le salon du textile Texworld
qui s'est tenu du 9 au 12 février au Bourget (Seine-Saint-Denis) a
rassemblé une soixantaine d'exposants de tissus biologiques, soit près
de 10 % des 660 marques représentées.
"Les entreprises chinoises doivent s'adapter" pour répondre à une "demande croissante" des pays européens, des États-Unis et du Canada, explique York Yan, représentant en Chine des organisateurs du salon. En Chine même, notamment sur la côte est, la population aisée réclame des vêtements "à la mode et dont le processus de fabrication respecte l'environnement", ajoute-t-il.
La société chinoise Hemp Fortex Industries a commencé il y a déjà quinze ans à commercialiser du chanvre. "C'est une plante spéciale, qui ne demande pas beaucoup de soins et n'a pas besoin d'engrais", souligne son président, H.L. Ding. "Quand j'ai commencé, peu de gens connaissaient le chanvre, maintenant, il y a de plus en plus d'acheteurs", affirme-t-il.
Depuis 1996, Hemp Fortex Industries fabrique du chanvre épais destiné à la fabrication de chaussures. Il fournit notamment Nike dans ce textile très solide, respirant, antibactérien et anti-UV, précise M. Ding. La société vend par ailleurs du coton bio aux États-Unis et en France. Selon lui, le coton bio et le chanvre sont la principale voie d'avenir du secteur textile. L'entreprise fabrique aussi des fibres mélangeant le chanvre avec du coton bio ou du polyester recyclé, provenant de bouteilles collectées aux États-Unis.
Au Bangladesh, le plus grand groupe textile du pays, Norman Group of Industries, envisage de se lancer dans le bio et le commerce équitable "d'ici à l'année prochaine", indique Sajedur Rhaman Talukder, directeur du marketing. "C'est une demande du marché", dit-il.
Le Coréen Ludia vient de commencer le bio à cause du ralentissement économique et parce que les consommateurs préfèrent désormais les fibres naturelles, précise l'un de ses responsables.
L'Indien Vardhman Fabrics, qui s'est mis au vert il y a quatre ans, possède ses propres champs de coton et affiche une volonté de protéger l'environnement et l'emploi. "Le nombre d'acheteurs est limité à cause du prix", de 30 à 40 % plus élevé, et le coton bio ne représente que 10 % de la production, indique D.S. Raman, responsable du marketing.
Le Pakistanais US Denim
utilise du coton biologique pour fabriquer ses denims mais aussi du
bambou, et a adopté des méthodes de production respectueuses de
l'environnement. "Nous utilisons tous nos déchets, nous ne voulons pas
porter atteinte à l'environnement", explique Syed Adeel Haider,
directeur adjoint chargé du marketing de cette entreprise qui fournit
notamment Levis, Marks and Spencer, Esprit.
Par Dominique SCHROEDER
> Source: Fashionmag
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